|
|
||
|
62 RECHERCHES SUR MOLIÈRE.
Geneviève Béjard fait à son futur époux une donation de tous ses biens, en considération de « la bonne amitié qu'elle a toujours porté et porte encore à présent à M. Léonard de Loménie », dit l'acte notarié; mais c'est là une formule usitée pour les donations. Dans une pièce jointe à ce contrat, Léonard de Loménie reconnait la nullité des « causes y portées » et ajoute : « Néanmoins la vérité est que c'est en faveur du mariage proposé entre elle et moi, lequel ne s'effec-tuant pas, icelle donation n'aura pas lieu, et consens qu'elle demeure nulle. » Trois jours après, le contrat de mariage est signé1, et Geneviève apporte une dot estimée à quatre mille livres, dont cinq cents en deniers comptants et le reste en habits, linge et meubles. Dans cet acte, Léonard de Loménie ne prend pas encore le titre de sieur de la Villaubrun sous lequel il figure plus tard; Geneviève est désignée comme fille « de défunt Me Joseph Béjard, vivant procureur au Châtelet de Paris, » et de Marie Hervé, sa veuve, avec laquelle elle demeure vis-à-vis la place du Palais Royal. Les témoins de Geneviève sont : Louis Béjard, son frère, « Jean-Baptiste Poquelin, sieur de Molière, bourgeois de Paris, beau-frère àcause de damoiselle Grésinde Béjard, son épouse, » Madeleine Béjard, qui signe le contrat sans y être nommée, Marguerite Batelet, peut-être femme ou belle-fille de Pierre Dubout, autrefois doyen de la confrérie de la Passion2, et « Pierre Mignard, peintre, bourgeois de Paris. » L'auteur des peintures du Val de Grâce paraît avoir été plus lié encore avec la famille Béjard qu'avec Molière; son nom figurera plus loin comme un des exécuteurs testamentaires de Madeleine Béjard.
On a vu le beau-frère de Molière, André Boudet, lui servir de témoin lors de son mariage; l'année suivante Armande
usante et jouissante de ses biens et droits, ne laisse pour ses héritiers que Jean-François Loiseau, bourgeois de Paris, et, autres. Cet acte passé par devant Gigault et de Beauvais, est signé : J. B. P. Molière et Jacques Martin. J'en dois la communication à mon ami M. le comte Clément de Ris. 1. Documnrt n° XXXIII. —2. Document n° VI.
|
||
|
|
||